Label : Autoproduction

Parution : 2017

Tracklist

01. Session #1 07:54

02. Session #2 06:33

03. Session #3 16:34

04. Session #4 07:27

05. Session #5 15:09

06. Session #6 06:35

 

MoonSatellite est un artiste prolifique. Entre 2008 et 2016, pas moins de 13 albums furent composés. Et 2017 vient à peine de commencer qu’il nous offre Sessions, sa 14e offrande sur l’autel de la musique électronique. Originaire de Nancy, cet artiste français se dit inspiré par les premiers travaux de Jean-Michel Jarre et influencé par Klaus Schulze. Forcément, avec de telles références, l’attente est grande. Alors, désillusion ou bien espoir confirmé ?

Comme son nom peut le laisser supposer, cet album regroupe divers enregistrements réalisés avant 2016. Composés au gré de ses humeurs, il ne faut pas chercher un fil conducteur à ces morceaux.  MoonSatellite ayant fait une refonte de son studio d’enregistrement l’année passée, ils constituent plus une façon symbolique de tourner la page avant de commencer un nouveau cycle.

6 sessions donc pour 6 ambiances.

L’ouverture se fait en douceur à travers des brises électroniques où quelques notes cristallines viennent rapidement se greffer. Une boucle toute en oscillation perce à l’arrière-plan avant que les notes cristallines ne se muent en long serpentin ondulant de concert avec des volutes brumeuses de synthé. En lente pulsation, la musique se déroule ainsi jusqu’à l’arrivée d’une voix vers 4 minutes 30 qui vient accompagner ces strates. Écoutez-là chanter, cantatrice solitaire perdue dans ce splendide pulsar sonore. Elle accompagnera l’auditeur vers la fin du morceau qui s’achève dans une myriade de confettis sonores. Incontestablement une des réussites de l’album.

La seconde session commence avec des nappes atmosphériques derrière lesquelles un piano égrène sa mélodie. Surgit un synthé déchirant au son étiré qui distille toute sa mélancolie, rehaussant la beauté d’une mélodie cosmique. Puis, comme un voile se déchire, une légère séquence tournoyante commence à s’enrouler autour de poignants arpèges électroniques.

Premier morceau-fleuve de l’album, « Session #3 » nous introduit dans son monde à travers une nuée d’effets sonores qui se répondent et se superposent entre eux. Dans ce magma sonore originel, un synthétiseur fait retentir ses premières nappes. Sinueuses, elles se frayent un chemin à travers des sons tourbillonnants, comme pour s’imposer dans ce maelstrom astral. Tout un monde est en gestation et parait graviter autour de cette ligne de synthé. Des effets de réverbérations viennent sublimer cette odyssée onirique. Déjà 6 minutes et arrive une boucle sinusoïdale qui nous accompagne jusqu’à l’éveil progressif d’un rythme qui monte rapidement pour atteindre sa vitesse de croisière. Et là, quel délice ! Notre vaisseau spatial fend des flots aériens sur lesquels dansent des ondes au milieu de gazouillis électroniques. Les lamentations du synthétiseur se renforcent et soufflent dans les voiles pour nous emmener toujours plus loin dans ce voyage. Enfin, tout retombe progressivement par couches successives  pour finir par nous déposer pantois sur la terre ferme. Il est difficile de se lasser d’un tel morceau.

« Session #4 » s’ouvre sur des chœurs qu’habille une nappe de synthé aux ambiances mystérieuses. Elles sont éclipsées par une ligne de séquence ondulante au gré des variations des vagues sonores. Occultés un court moment, les chœurs reviennent de plus belle, chants astraux en provenance d’un autre univers. Les ondulations vont et viennent tandis que des gouttelettes de sons paraissent tomber au sol et éclater en cercles concentriques. Vers 3 minutes 30, un rythme se fait discrètement jour, tout d’abord sautillant puis  assumé à travers une franche pulsation sur laquelle viennent virevolter des filaments sonores torsadés. De longues séquences soniques tournoient dans le flux du rythme. La fin de cette session arrive sans même s’en rendre compte et l’on réalise qu’il s’agit d’un titre fort de l’album.

Le second morceau-fleuve, « Session #5 », débute avec une myriade d’effets sonores sur fond de nappes atmosphériques, tel un vent solaire venant souffler sur une vaste plaine. Des notes éparses s’égrènent dans ce paysage isolé. Après plus de 6 minutes 30 passées à arpenter ces terres vaporeuses, une ligne de synthé vient louvoyer, imprimant au morceau un rythme aussi doux qu’entêtant. Une nouvelle strate mélodique empreinte de nostalgie s’invite. La ligne de synthé se transforme, semble se contorsionner dans l’espace. D’abord en arrière-plan, elle enfle et finit par manger tout l’espace sonore avant de s’éteindre progressivement, signant le terme de ce morceau.

La 6e et dernière session est une invitation à la méditation. Des nappes diaphanes évoluent lentement dans les airs, se croisent puis fusionnent avant de se séparer. Si les brouillards matinaux qui flottent au fin fond des vallées encaissées pouvaient parler, cette mélodie pourrait être une de leurs voix. Une bien belle façon de clore ces sessions.