Label : Ultimae Records

Parution : 2017

Tracklist

01. Snova | Snova 06:33

02. Unyt 07:39

03. Quantum Evo 07:00

04. Ne Viden 08:47

05. Svet 06:53

06. Klinostat 08:08

07. Parsec 07:17

08. Delta-V 06:47

09. Nadezhda 08:59

10. Turgenev 03:03

 

Pour les amateurs éclairés d’une ambient racée et onirique, le label Ultimae Records est une référence et les artistes signés ne sont pas là pour y faire de la figuration. Scann-Tec n’échappe pas à la règle et son album Unyt en est une belle confirmation. Derrière Scann-Tec se trouve Vladislav Isaev, un russe qui régale nos oreilles depuis le début des années 2000 avec des sonorités qui plongent tour à tour dans les eaux tranquilles de la psytrance et celles à peine plus agitées du down-tempo.

Le décollage commence dès le 1er titre « Snova | Snova » avec des ondes radio qui parcourent la bande des fréquences avant de s’arrêter sur une voix crachotante en russe. Des palpitations s’agitent sur un tempo tout en arythmie, comme un compte à rebours sur le pas de tir. Des lignes de synthé aux basses lointaines se perdent en réverbération à travers des pulsations assourdies. « Snova | Snova » n’est pas le titre le plus immédiat de l’album mais constitue une belle introduction pour entrer dans l’univers de Scan-Tec.

La suite du voyage est à l’aune de cette ouverture. Chaque titre est une nouvelle excursion dans des peintures aux ondes acoustiques sans cesse renouvelées grâce à un travail sur les sons d’une grande richesse. Plage après plage, Scann-Tec sait nous offrir des cartes postales cosmiques d’une grande finesse.

Ainsi, comment ne pas évoquer « Unyt » et son rythme lent, comme un cœur en apnée sur lequel se tissent une orgie d’éléments, comètes étouffées sous des vapeurs célestes. Tout est suspension, comme une attente avant l’explosion.  Des accords de guitare subliment ces instants arrêtés tandis qu’un vent solaire souffle doucement tout le long de cette promenade.

Comment passer sous silence « Quantum Evo », œuvre superbe semblant résonner dans une vaste plaine. Des bruits de fond dessinent toute une faune en arrière-plan. Sont-ce des oiseaux ? Des grillons ? L’oreille ne saurait trancher mais l’émerveillement est là. Puis des battements amples et profonds et cette faune qui parait s’ébattre dans un étang et va crescendo. Après quelques incursions down-tempo vient le jeu du chat et de la souris entre une voix féminine et les sanglots allongés d’un violon. Où se termine la voix ? Où commence le violon ? Il est bien difficile de trancher tant la transition est exquise. Enfin, le rythme reprend, drapé de textures aux ambiances mystérieuses.

Cette atmosphère étirée en longs flottements se poursuit sur « Ne Viden ». De nouveau, des accords de guitare acoustique affinés par la réverbération enrichissent la tessiture du titre. Des vagues organiques lèchent la grève d’un rythme down-tempo. Et toujours cette riche texture sonore d’une luxuriante créativité. Le final est magnifique avec une déflagration attendue qui ne viendra jamais, laissant régner en maître ce mouvement down-tempo.

« Svet » s’ouvre sur un électrocardiogramme où s’impriment de douces pulsations. Des nappes montent lentement, nous amenant insensiblement vers les contrées de la psybient. Soudain éclate le silence pour offrir l’espace sonore au seul jeu des percussions avant que ne survienne l’apothéose finale.

« Klinostat » nous entraine dans un long down-tempo de plus de 8 minutes. La frontière avec la Berlin School et Tangerine Dream est proche. Au loin, un piano égrène sa mélodie tandis qu’une vibration irrigue le morceau et s’invite insidieusement dans les oreilles.

« Parsec » commence avec des conversations entendues dans le lointain. Après un break, c’est l’explosion des sens dans une myriade de petits effets, de bruitages et de mélodies qui semblent converser entre elles en s’interrogeant, se répondant, s’additionnant.  Ce titre est fort intéressant avec sa construction articulée sur des effets de breaks particulièrement réussis.

« Delta-V » est un voyage dans un paysage lunaire aux fragrances aquatiques. Une nouvelle fois, on retrouve tout ce jeu d’assemblage d’effets sonores.

Nadezhda est sans doute le morceau le plus abouti de l’album mais aussi le plus complexe à appréhender. Tout un écosystème sonore prend naissance et irrigue ce titre, accompagné par ce rythme down-tempo qui baigne la majeure partie de l’album. Quelques effets psybient partent à l’assaut de cet univers comme pour en prendre possession.

Unyt se clot avec « Turgenev », une plage où, sur fond de nappes atmosphériques, une voix récite la nouvelle de l’écrivain russe Ivan Turgenev.